Stanley Kubrick : un réalisateur qui dérange

Dans l’univers du cinéma, Stanley Kubrick est un oiseau rare qui ne connaîtra sans doute jamais d’égal ; une sorte de génie aux caractères bien trompeurs, mais qui demeurera un personnage culte. Et cette distinction singulière, les œuvres du réalisateur américain la reflètent. Il suffit de visionner, Docteur Folamour, 2001, Shining ou Orange Mécanique pour se rendre compte que Kubrick est un réalisateur unique en son genre.

Une vision à l’opposé de tout

Stanley Kubrick ne fonctionne pas comme le commun des réalisateurs de films. Déjà à ses débuts, il réalisait ses films lui-même, sans l’aide de personne. Il endossait à la fois le rôle du réalisateur, du scénariste, du cadreur, de l’ingénieur du son et du monteur. Ce qui ne l’a pas forcément servi puisqu’il a lui-même retiré certains de ses films des circuits de distribution.

Mais ce n’est pas tout. Stanley Kubrick a aussi décidé à un moment de sa vie de quitter Hollywood pour vivre éloigné de tout, dans un manoir anglais. Direction de vie peu commune pour un réalisateur aussi réputé, mais qui peut se comprendre quand on connait la discrétion du personnage.

Le réalisateur d’Orange Mécanique était également réputé pour son obsession ou son perfectionnisme absolu. On dit qu’il obligeait ses acteurs à rejouer la même scène une cinquantaine de fois avant d’être satisfaits du résultat. Kirk Douglas qui interprètera Spartacus le qualifie de « Sale con qui a du talent ». En tout cas, ce qui est certain, c’est qu’il savait ce qu’il voulait. Et ce même s’il ne parvient pas toujours au bout de ses idées, à l’instar de son film sur Napoléon qui n’a jamais vu le jour, il a réalisé des chefs-d’œuvre du septième art.

Des chefs-d’œuvre scandaleux

Au-delà de sa personnalité, Stanley Kubrick a réalisé trois films considérés comme parmi les plus scandaleux et dérangeants de l’histoire du cinéma. Orange Mécanique sorti en 1971, figure dans cette liste. L’adaptation du livre d’Anthony Burgess montrait une violence sexuelle extrême. D’ailleurs, le long-métrage a été censuré en Angleterre durant 27 ans.

Même cas pour la dernière réalisation de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut. Le film, relatant la nuit torride d’un homme qui vient de découvrir l’adultère de sa femme, est très riche en scènes de nu. Aussi, Warner Bros a dû altérer une scène d’orgie pour la sortie américaine du film.

Mais comme on dit ; jamais deux sans trois. Le film Lolita sorti en 1962 a mis mal à l’aise plus d’un. Le fait qu’il raconte l’histoire d’un homme obsédé par une adolescente a choqué les critiques. D’ailleurs, le réalisateur déclarera lui-même qu’il ne l’aurait pas réalisé s’il avait su d’avance ce que le film provoquerait.

Napoléon

Mais ce qui dérange le plus les adeptes de cinéma, c’est l’avortement du biopic de Napoléon par Stanley Kubrick. Un travail qui a pourtant valu quatre années de la vie du réalisateur culte où il a rassemblé plus de 500 ouvrages sur son personnage. Il a déjà couché 186 pages pour le scénario et durant cette période, il a expédié ses assistants vers les quatre coins de la planète à la recherche d’information pour le film. Malheureusement, l’œuvre ne verra jamais le jour et restera à jamais un fantasme cinématographique.

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